L'Italie au paradis !

Publié le par Adrien

    L'Italie jouera la finale de la Coupe du monde. Une victoire acquise après prolongation face à l'Allemagne grâce à Grosso et Del Piero (2-0). Douze ans après leur dernière finale perdue face au Brésil, les Transalpins tenteront de reconquérir un trophée qui les fuit depuis 1982.

ALLEMAGNE - ITALIE 0-2 (a.p)
Buts: Grosso (119e), Del Piero (120e)

    Le football est un jeu. Pas une affaire de hasard. Et même si l'Italie a attendu 119 minutes avant de faire plier l'Allemagne et s'est qualifiée pour la finale de la Coupe du monde à quelques encablures des tirs au but, il y a quelque chose de logique dans ce dénouement. Historiquement tout d'abord, puisque la Squadra Azzurra n'a jamais courbé l'échine face à la Nationalmannschaft en compétition officielle. Mais sans revenir au siècle dernier, il suffit de se pencher sur les événements de ce 4 juillet pour être convaincu que l'Italie était au-dessus.


    L'Allemagne s'est montrée généreuse mais, comme on l'avait pressenti face à l'Argentine, est encore un peu tendre pour les cadors du football mondial. Cinquante-deux ans jour pour jour après le Miracle de Berne, Dortmund n'aura pas été le lieu d'un nouvel exploit de son équipe nationale. Mais aura vu l'Italie sortir définitivement du bois. Pour aller chercher une quatrième couronne mondiale du côté de Berlin. Vingt-quatre ans après Madrid.

Première période : L'Italie inquiète Dortmund

    Mis à part lorsque le Brésil est de la partie, il est impossible de trouver d'affiche plus prestigieuse qu'un Allemagne-Italie. Remake d'une demi-finale de 1970 et d'une finale de 1982, le match démarre sur le rythme décidé par les hommes de Marcello Lippi. Les Italiens jouent vite et vers l'avant. Dès la récupération du ballon, la Squadra Azzurra file vers Lehmann et l'Allemagne peine à répondre. Après le football tout en patience des Argentins, la tactique mise en place par le onze italien pose d'autres problèmes aux hôtes de ce 18e Mondial.


    La première occasion de la partie est logiquement pour l'Italie. Sur une ouverture de Totti, Perrotta part dans le dos du quatuor défensif de la Mannschaft. Mais arrivé dans la surface, il pousse trop loin le ballon. Et Lehmann s'en empare (16e). Avec un milieu de terrain à 50% remanié (Frings, suspendu, et Schweinsteiger remplacés par Kehl et Borowski), les hommes de Jürgen Klinsmann n'ont guère l'occasion de développer du jeu. Et leur seule opportunité intervient sur un contre. Klose trouve Schneider lancé comme une bombe côté droit. L'expérimenté milieu de terrain entre dans les seize mètres et frappe du droit. Au-dessus (35e).

Pour le reste, l'Italie domine les débats. Et met la pagaille dans la défense allemande sur les coups de pied arrêtés. Deux fois, Andrea Pirlo n'est pas loin de permettre à l'Italie d'ouvrir la marque. Sur le premier, Toni et Materazzi ne parviennent à mettre leur tête sur un ballon pourtant savamment distillé (24e). Ensuite, c'est un ballon joué à ras de terre dans les seize mètres qui offre à Totti une occasion intéressante. Malheureusement pour le Romain, sa frappe est contrée au départ (34e).

Seconde période : L'Allemagne redresse la barre


    Après la pause, les fans allemands continuent à donner de la voix. La sélection de Klinsmann prend la partie à son compte et Miroslav Klose, au terme d'un slalom spécial, vient buter sur Gigi Buffon (49e). La Nationalmannschaft est mieux mais attend une bonne heure de jeu avant de cadrer sa première frappe de la partie. Sur une passe lumineuse de Bernd Schneider, Lukas Podolski se retourne, et des six mètres, allume Gigi Buffon. Mais le portier de la Juve est toujours impeccable (62e).

Plus calculatrice, l'Italie n'est plus aussi audacieuse qu'en première période. Et tend à déjouer. Dommage. Comme l'Argentine vendredi qui avait réduit sa cadence en seconde période. Et, comme l'Albiceleste, s'en va disputer trente minutes de rab. Et pour cause, mis à part une frappe lointaine de Pirlo captée par Lehmann (78e) et un bon ballon de Totti vers Perrotta, qui est devancé par un kamikaze prénommé Jens (85e), l'Italie ne se fait guère violence.

Prolongation : Grosso à la Thuram


    Entré en jeu au cours de la seconde période, Gilardino est frais. Et en fait profiter la Squadra Azzurra dès la reprise. Parti à droite, il file dans la surface le long de la ligne de but. Opposé à Ballack, le Milanais s'ouvre un peu l'angle et, des six mètres, frappe. Lehmann est battu. Pas son poteau (91e). Le coup est passé près. Il ne passe pas loin non plus soixante secondes plus tard alors qu'une reprise puissante de Zambrotta vient s'écraser sur la barre (92e). Le Westfalenstadion a eu peur. L'enceinte qui n'a jamais vu l'Allemagne perdre se reprend et n'est pas loin d'exulter sur un centre parfait d'Okondor. Mais Podolski, laissé seul, ne cadre pas sa tête (105e).

En cette prolongation, Odonkor est partout. Il fait l'essuie-glace sur son côté droit. A l'image du ballon qui va d'un but à l'autre durant trente minutes échevelées. Del Piero (111e) puis Podolski (112e) ne sont pas loin d'endosser la tunique de héros de la patrie. Mais un mauvais choix, pour l'Italien, et Gigi Buffon, pour l'Allemand, les privent de gloire. Finalement, la gloire sera pour Grosso. Sur un service de Pirlo, Grosso, esseulé dans la surface, décoche une frappe brossée du gauche. Un "tir à la Thuram" qui se loge dans le petit filet de Lehmann (0-1, 119e). L'Allemagne a perdu son pari. Et termine avec un deuxième but dans la besace, après un contre rondement mené et conclu par Alessandro Piero (0-2, 120e). L'Italie est en finale. Reste à connaître son adversaire.

L'HOMME DU MATCH : Andrea Pirlo (Italie)


    Le milieu de terrain de la Squadra Azzurra est le grand bonhomme de la soirée. Véritable chef d'orchestre de l'équipe d'Italie, Andrea Pirlo a sorti sa baguette et donné le la. Jeu long, jeu court, le Milanais excelle dans la transition. Auteur de la première passe décisive de la soirée pour Grosso, il a prouvé qu'il jouait souvent juste. Et mené les hommes de Marcello Lippi sur la route de Berlin. Une route qui, peut-être, offrira une quatrième étoile au maillot bleu.

LA DECLA : Marcello Lippi (sélectionneur de l'Italie)

    "Je pense qu'au vu du match, cela aurait été injuste si on n'avait pas gagné. On a été légèrement meilleurs. Pas forcément supérieurs, mais je ne crois pas qu'on puisse douter qu'on méritait de gagner. Je suis très heureux que l'équipe ait pu remporter un tel match, dans un stade avec 60 000 Allemands. On a livré un super match. On a maîtrisé le ballon, notamment en milieu de terrain. Mais ce n'est pas encore la fin de la route. On doit encore conclure dimanche. On verra qui est notre adversaire".

Publié dans Tout le foot

Commenter cet article